Ça frôle l’inconscience

-26° Vendredi 13 février 2015
Parc de la Bec Scie

Nous devons vraiment être en train de nous habituer aux températures, même si elles sont extrêmes (nous avons d’ailleurs laissé tomber le « moins » quand on en parle, ça devenait répétitif à la longue…).
Ou alors, nous sommes passés en mode « Man vs Wild », prêts à affronter l’inconnu peu importe ce que le thermomètre a le culot de nous annoncer.
Ou peut-être que, vu le peu de jours qu’il nous reste avant de quitter Saguenay, nous voulons absolument nous en tenir à notre planning coûte que coûte, histoire d’être sûr d’avoir vécu toutes les expériences qu’on ne vit qu’une seule fois dans une vie.
Toujours est-il que nous sommes partis ce matin à l’attaque du Parc de la Bec Scie, bien déterminés à se faire une balade en ski de fond (ce qui s’avérait être une première pour Cyril et pour moi).
La surprise de la dame qui nous a loué les skis une fois sur place et le fait qu’elle nous a répété une bonne douzaine de fois que nous étions « bien courageux » de nous lancer sur les pistes aurait probablement dû nous mettre la puce à l’oreille. Le fait que nous soyons ses uniques visiteurs aussi.
Mais que nenni ! Malgré les -26° au soleil et -39° en froid ressenti annoncés, nous avons balancé nos skis sur nos épaules et nous sommes mis en route pour une petite trotte de six kilomètres aller-retour.
Comme d’habitude depuis notre arrivée ici, les paysages sont tout bonnement incroyables, à couper le souffle. Le silence, l’immensité solitaire sont difficiles à décrire, et cette sensation de partir, seuls, un peu à l’aventure sur des pistes pas vraiment prêtes reste exaltante.
Mais la réalité de la dureté, l’hostilité de cet environnement nous est vraiment apparue une fois arrivés à la moitié de notre périple, quand nous nous sommes réfugiés dans un petit chalet de bois et que nous avons tenté, et réussi à allumer un feu dans le poêle. Peut-être avons-nous réussi à faire monter la température du lieu de 5°, qui sait… Toujours est-il qu’il était clair pour nous quatre que sous le côté idyllique, virginal des paysages, cette petite « aventure » avait un goût de léger danger, contrôlé certes, mais danger tout de même.
Nous n’avons donc pas trop trainé à reprendre la direction du retour, nos pieds et mains visiblement mordus par un froid qui se fit encore durement sentir dans les zones d’ombre.
Le soulagement de cette petite dame de la location, en nous voyant rentrer, me le confirma : il fallait être un tantinet dingue pour se lancer sur ces pistes ce matin…