Démesure

Trop tôt, trop grand, trop haut, trop vu, trop, trop, trop.

Bon, d’accord, en commençant comme ça, ça donne pas très envie. Cela ne sonne pas très positif non plus, je le conçois. Mais comme on dit en anglais « Bear with me ».

(Pour les non-anglophones ou pour ceux qui baragouine un tantinet la langue de Shakespeare en suivant les sous-titres de « Games of Throne », n’essayez pas de traduire mot par mot, parce que ça pourrait donner un truc du genre « Ours avec moi », ce qui pourrait vouloir dire quelque chose dans le Grand Nord, mais qui n’a vraiment aucun sens dans le cas présent. Il est ici question de patience, du genre : « Stressez pas les gars, je vais vous expliquer dans 30 secondes ». Mais en plus concis).

nyc-day-1-10Vu que je vous ai promis les détails sans ne rien enjoliver, pour comprendre le ressenti de cette première partie de journée, il faut commencer par le début, avec notre ami « Décalage horaire », qui, avec ses comparses « Chaleur Humide » et « Lit Qui Grince », ont eu raison de mon sommeil vers 4h30 du matin, heure locale. Vous savez, cette impression étrange d’avoir avalé du sable tellement vous avez soif, mais en même temps d’avoir passé la nuit dans un hamac tellement vous êtes liquide ? Non ? Vous ne voyez pas ? Et cette autre impression surréaliste de ne savoir ni où ni quand vous êtes ? Ça vous connaissez, non ? Pas besoin de prendre l’avion pour ressentir ça. Une bonne petite soirée trop arrosée suffira.

Bref, réveillés à quatre heures trente du matin, puis à cinq heures, nous avons fini par jeter l’éponge et nous extirper du lit qui grince vers 6h00 pour commencer nos aventures de première vraie journée à New York City. Trop tôt, donc. Enfin, pas tant que ça, en fait, car les rues sont déjà animées à cette heure-là. Le Starbucks au coin de la 125ème rue et de Lennox Avenue est déjà ouvert. Trop cliché, ce petit-déjeuner chez Starbucks.Nous voici donc partis en subway vers la 42ème rue. Je crois que je n’oublierai jamais le visage de Cyril quand il a découvert Midtown, ses buildings au nombre d’étages exponentiels et surtout, Times Square, cette débauche d’é

crans, d’images, de couleurs. Un moment étrange où l’on a l’impression d’être passé de l’autre côté de l’écran, tellement de fois nous avons vus ces immeubles et leurs écrans démesurés, ce poste de police, cette foule qui part travailler, café dans un gobelet en carton à la main.

Ce brouhaha incessant où se mêlent hélicoptère, traffic, travaux, sirènes de police ou d’ambulance.Et ces odeurs de nourriture tous les dix mètres, entre hot-dogs, gaufres, frites et steaks. Trop d’odeurs différentes provoquant le même symptôme : une envie sournoise, persistante, indéniable non pas de manger, non, mais de bouffer. Trop, je vous dis, mais trop dans le bon sens, si c’est possible à imaginer.

15 km plus tard, nous sommes à la limite de l’overdose visuelle : Radio City Hall, les Studio de NBC où officie le grand Jimmy Fallon, le Rockerfeller Center et son jardin, Saint-Paul Cathedral,

nyc-day-1Grand Central Station, impressionnante, et la Bibliothèque Municipale tout en marbre, l’Empire State Building, bien évidemment — moins beau vu d’en bas que de loin ! — le Brroklyn Bridge avec sa vue imprenable sur Manhattan et l’Hudson River, avec ensuite, le fameux hot-dog acheté dans la rue, qu’on mâchouille avec délectation dans les jardins de l’hôtel de ville.

Trop d’images, trop de détails à percevoir, jusque dans des plaques scellées dans les trottoir, vantant les mérites de la lecture, l’amour des livres.

Et pour finir cette première partie de journée, le Mémorial du 11 septembre, avec ces deux fontaines impressionnante en lieu et place des deux tours : des millions de gouttes d’eau s’enfoncent comme autant de larmes dans une abîme noire alors que s’égrènent tout autour du bassin, gravé de le métal, le nom des victimes. Impossible de rendre justice en mots ou en images à la puissance émotionnelle de ce lieu.

Après un ultime détour dans un magasin d’affiches historiques du monde entier avec plus de 9000 références — trop, je vous dis — nous rentrons sous un soleil de plomb nous changer à l’appartement. Ce soir, c’est retrouvailles avec des amis de plus de 20 ans et Broadway servi sur un plateau !