Derniers jours à NYC

Je ne vous ai pas raconté en détails tout ce que nous avons fait ou vu durant les derniers jours de notre séjour New-Yorkais. J’avais choisi de profiter de notre vol vers Chicago pour prendre le temps de revenir sur ces moments. Alors que nous survolons les plaines du Midwest, il est temps pour moi de rattraper ce retard.

Nous avons parcouru plus de 80 kilomètres à pied (une moyenne de 17 par jour). Nous n’avions pas véritablement envie de monter en haut de l’Empire State Building, ou de One World (la nouvelle tour du World Trade Center), ou encore d’aller voir la Statue de la Liberté. Nous avons préféré parcourir la ville en long, en large et en travers pour en comprendre et en ressentir l’essence.

Certains quartiers nous ont bien évidemment emballés — voir mon article sur le Village— d’autres, comme Soho nous ont laissé indifférents. Certes, c’est toujours amusant de découvrir des magasins mythiques comme Dean & Deluca, où le moindre croissant coûte $5.00 et le petit crottin de Chavignolles, $8.90, mais la succession de boutiques de grandes marques, de Prada à American Apparel, en passant par l’Occitane ou Sephora laisse peu de place aux rares magasins plus “locaux”.

Paul, mon ami pianiste à Broadway, nous faisait d’ailleurs remarquer que la ville avait beaucoup changé ces dernières années, que les restaurants ou les petites boutiques de quartier se trouvaient, face à l’embellie du prix des locations, forcés de fermer pour être remplacés par encore un Starbucks ou une chaîne internationale — J’ai d’ailleurs arrêté de compter les Pain Quotidien et autres Maison Kayser tellement cela devenait ridicule à mes yeux.

Soho nous a donc déçu, tout comme les quartiers de Chinatown et de Little Italy. Ce quartier se résume désormais à quatre rues où s’alignent des restaurants italiens comme autant de pièges à touristes ($45.00 pour une part de lasagnes, des raviolis ricotta / épinards à des années lumières de ceux confectionnés par notre ami Victorien à Lille, une bouteille de San Pelegrino et deux cafés). Il se voit progressivement grignoté par son voisin asiatique et les boutiques aux enseignes chinoises semblent encercler, phagocyter ce qui reste du quartier italien.

9/11

Les drapeaux en berne pour 9/11

Les drapeaux en berne pour 9/11

En ce dimanche matin, alors que les hordes de touristes se ruent vers le ferry qui les emmènera vers Liberty Island pour visiter la Statue, nous fuyons les troupeaux de Frenchies en goguette — aussi bruyants et impolis qu’on imagine être les américains — pour rejoindre le Staten Island Ferry. Cette navette fluviale gratuite effectue des aller-retours sur l’Hudson River toutes les demi-heures vers l’île du même nom ; elle offre une vue imprenable sur la skyline de Manhattan et sur la Statue. Un point de vue et un moment parfaits pour se souvenir de ce même jour, il y a quinze ans.

De retour sur la terre ferme, il nous a pris l’envie de marcher vers le nord. Ainsi, nous avons remonté toute l’île de Manhattan, depuis le port de Battery Park au sud, jusqu’au milieu de Central Park — la chaleur a eu raison de nous. Lors de cette longue déambulation le long de Broadway St et de la 6th Avenue, nous avons croisé bon nombre de soldats, marins, pompiers et policiers en uniforme, de retour de la cérémonie au mémorial. Il m’est très difficile de décrire avec des mots ce que je ressens d’être à New York, le 11 septembre, quinze ans après. Les drapeaux en berne, les cloches qui sonnent, une émotion certaine partagée avec ceux dont nous croisons le regard. Une sorte de communion. Une chose est sûre, les New Yorkais sont tous fiers de leur ville et portent en eux, comme autant de blessures, les stigmates de cette journée.

De nouvelles retrouvailles

Deux soirées m’ont permis de renouer avec des amies que je n’avais pas revues depuis deux décennies.

Cathie Halley, une des Stage Managers (régisseur plateau) les plus efficaces que j’ai jamais rencontrées et dont le travail a été reconnu à Broadway avec le spectacle Rent.

Barb, Rochelle & Cathie

Barb, Rochelle & Cathie

Barb Rose, amie proche de longue date et la fille de mon mentor David P. Karsen ; sa propre fille, Adrianna, 15 ans, à l’énergie et l’enthousiasme rafraîchissants était également présente : elle rêvait de nous rencontrer, Cyril et moi, et nous sommes d’ailleurs devenus ses French Gay Uncles ! Comme sa mère et son grand-père, elle se destine à une carrière dans le monde du théâtre, en Création Lumières.

Alexis Hadsall, avec qui j’avais partagé un appartement durant nos études, qui habite désormais à la pointe nord de Manhattan. Auteur de six livres fantastiques où se mêlent vampires et sorcières, elle trouve, malgré un boulot qui lui prend dix heures par jour dans un hôpital, le temps d’écrire encore et toujours, et de participer à des conventions, des rencontres avec d’autres auteurs et avec ses fans.

Chacune de ces rencontres ont encore prouvé combien l’énergie, la passion et l’endurance ne sont non pas nécessaires, mais indispensables pour créer, produire et partager son art. Une belle piqûre de rappel…