D’une côte à l’autre

Alors voilà, ça y est. C’est fini. Nous roulons en TGV sur les plaines de Picardie, mais bien évidemment, ma tête est toujours quelque part sur la côte californienne ou dans le Michigan.

C’était la première fois, de toute notre carrière professionnelle, que Cyril et moi étions en mesure de prendre trois semaines d’affilée de vacances. C’était surtout la première fois que nous partions si loin et si longtemps ensemble. Je vous rassure, tout va bien, nous sommes toujours ensemble, pas de divorce à l’horizon, bien au contraire.

Car ensemble, et avec vous, nous avons :

  • parcouru 18 761 kilomètres par avion avec American Airlines et British Airways, le voyage du retour s’est d’ailleurs fait au second étage d’un A380 — top !
  • roulé pendant 1 235 kilomètres sur les highways de l’Illinois, du Michigan et de la Californie, aux voies toutes aussi défoncées les unes que les autres
  • marché 262 km à pied, toutes villes confondues
  • monté l’équivalent de 160 étages dans les rues de San Francisco
  • vécu dans cinq fuseaux horaires différents et avons eu jusqu’à neuf heures de décalage avec Paris
  • vogué sur un lac au soleil couchant, pris le subway, le tramway, le bus, le ferry
  • nous sommes montés dans une tour de contrôle aérienne et assisté au ballet d’avions de toutes les tailles et de toutes les époques se retrouvant à Kalamazoo pour une exposition
  • nous sommes aussi montés sur une scène à Broadway — d’accord, la salle était vide, mais quand même…
  • et nous avons fait du bateau sur l’Atlantique et trempé nos pieds dans le Pacifique — oui, juste nos pieds, il est plutôt frisquet, le Pacifique en général, surtout à cette période de l’année, et même pour un mec qui a grandi en se baignant dans la Manche.
  • dévoré des kilos de burgers, de pancakes, de burritos et de salades — si, si, j’ai les photos pour le prouver — et goûté des sandwiches chauds bizarres avec de la glace dedans
  • croisé des écureuils, des perroquets, des cerfs, des coyotes, des pélicans, tous en liberté
  • pris je ne sais combien de photos et de vidéos avec lesquels j’essaierai de faire un truc, un jour.

Et surtout, nous avons partagé des moments avec tout un tas de personnes que vous avez aperçues dans les photos, dont vous avez lu le nom dans mes articles, qui nous ont donné de leur temps, ouvert leur cœur et quelques fois, leur maison, et que vous connaissez maintenant un petit peu, mais que Cyril connait désormais en vrai. C’était cela, le plus important.

Mais nous avons aussi croisé beaucoup d’inconnu-e-s, dans les restaurants, les métros, les bus, les aéroports, les magasins. Des gens de toutes les couleurs, de toutes les origines, des jeunes, des vieux… Des personnes souvent contents de parler avec nous, de partager leur amour de leur quartier, leur communauté, leur pays, ou bien de pressés de nous dire que non, tous les américains ne sont pas prêts à voter pour le mec orange avec sa mèche blonde improbable. Et ils ont tous sans exception tenté de parler un peu de français avec nous.

Donc nous profitons, Cyril et moi, de ce dernier article, pour les remercier toutes et tous, connu-e-s ou inconnu-e-s, d’avoir croisé notre route, d’avoir fait de ces trois semaines plus qu’un simple voyage : une expérience inoubliable. Et nous tenions à vous remercier vous, surtout, d’avoir lu ces compte-rendus jamais très objectifs, souvent clichés, mais toujours vrais.