Petites anecdotes entre amis (Episode 1)

J’ai promis de tout vous dire, donc je ne vais pas faillir à ma promesse et vous raconter ici des petites anecdotes concernant les coulisses de notre balade.

Episode 1 : Chéri, tu peux descendre s’il te plaît ?

Je ne sais pas si vous l’avez vu sur Facebook, mais dans la nuit du mardi 13 au mercredi 14 septembre, alors que nous passions notre dernière nuit à Chicago, il m’a pris l’idée saugrenue d’aller courir vers une heure quarante du matin. Peut-être à cause du dîner un peu lourd, peut-être à cause de la chaleur ou de la pleine lune, je n’en sais rien. Toujours est-il que me voilà parti en short, t-shirt et baskets, muni uniquement de mon téléphone portable pour aller sillonner les rues de Boys Town et le bord du Lake Michigan.

Il fait bon, l’air est doux, le ciel dégagé, une odeur d’herbe coupée par ici, le chant des grillons par là, tout va bien quoi. J’arrive au bord du lac que je trouve un peu plus sombre que prévu, je le longe une petite dizaine de minutes, puis je fais demi-tour et je rentre vers l’appartement. Rien de bien transcendant.

Arrivé devant la porte du bâtiment, je tape le code que le propriétaire m’avait fourni, persuadé que la porte va s’ouvrir… Mais ce n’est pas un code d’entrée : c’est un interphone qui sonne et réveille quelqu’un que je ne connais pas et qui m’envoie allègrement paître !

Je vous refais le tableau ?

Il est donc 2h30 du matin, je suis en nage, en short et t-shirt et donc, à la porte du bâtiment. Pas de papier d’identité, pas d’argent, rien. Même pas le nom de la personne qui nous loue l’appartement via AirBnB. La loose, quoi.

Qu’à cela ne tienne ! J’ai eu la bonne idée de prendre pour mon portable un forfait local (histoire d’éviter les centaines d’euros de dépassement) : j’appelle donc Cyril, qui doit dormir à poings fermés…

« We’re sorry. You cannot place this call », me dit une voix enregistrée. Visiblement, je n’ai pas le droit de passer des appels à l’international.

Merdeeeeuh.

Je remarque un petit panneau qui m’indique que le petit hall où je me tiens est surveillé 24/24. Effectivement, je trouve une caméra braquée sur moi. Il me faut donc sortir du bâtiment et chercher une solution dehors. Je commence à refroidir, l’air ne me semble plus aussi bon qu’avant le départ de ma course. Au loin passe une voiture de flics.

S’ils me demandent ce que je fous ici, je vais pas être dans la merde…

Heureusement pour moi, mon forfait inclut tout de même de la donnée et j’ai donc un accès limité à internet. Je me décide à envoyer un message à mon cher et tendre via Facebook Messenger. Puis deux. Puis j’essaye par WhatsApp. Mon prince charmant a soit décidé de jouer les belles au bois dormant, soit son portable est sur silencieux.

Je renouvelle l’opération, mais cette fois-ci, je tente les appels vocaux, par le biais de ces deux-mêmes applications. Toujours rien.

Un mec un peu chelou, visiblement aviné passe au ralenti devant moi et me dévisage d’un œil torve. Je prétends être passionné par mon portable. Je commence d’ailleurs à me peler légèrement.

Une notification Facebook m’indique que ma mère vient de liker ma course nocturne.

Alleluia !

Il est sept heures du mat en France. Je lui envoie un message via Messenger, lui explique la situation en deux phrases et lui demande d’essayer d’appeler le portable de Cyril, ce qu’elle fait sans plus tarder… sans succès. Ses appels successifs vont directement sur la boite vocale.

Il est maintenant 3h20. Cela fait presqu’un heure que je fais les cent pas devant le bâtiment, tout ça parce que je n’aime pas courir avec des clés dans ma poche — C’est vrai, cela fait « cling-cling » pendant tout le trajet et ça m’énerve !

Tout d’un coup, éclair de génie ! Je me souviens qu’il existe une fonctionnalité sur les téléphone Apple qui permet de faire sonner (fort) un téléphone ou une tablette qu’on a égaré. Je me connecte illico sur l’interface en question, vois que l’iPhone et l’iPad de Cyril sont en ligne et bien localisés… et je les fais sonner, encore et encore.

Il va se réveiller, c’est sûr. Si ça ne le réveille pas lui, ça risque de réveiller tout le building !

« Il descend ! » m’annonce ma mère par Messenger.
« Euh, pourquoi il te répond à toi et pas à moi ??? »
« Parce que je l’ai bombardé de ‘Allo ?’, ‘Allo ?’, ‘Allo ?' »

img_0222Bon, la vérité, c’est que ce sont bien mes sonneries à distance qui ont fini par le réveiller, sauf qu’il appuyait sur « Off » à chaque fois, sans comprendre, dans un demi-sommeil, pourquoi ses machins sonnaient tous en cœur. Puis il a finit par s’extirper du lit pour répondre au harcèlement de ma chère et tendre mère et par descendre m’ouvrir.

Il était presque 3h45.

Moralité : même si cela fait « cling-cling » dans ta poche, prends tes clés quand tu vas courir. Sinon, tu risques de te retrouver à moitié à poil, au beau milieu de la nuit, au commissariat de quartier…

Prochain épisode : Visa, les voitures de location et moi.