Purée, je vais ressembler à mon daron !

Aujourd’hui, 1er novembre 2016, est un jour spécial.

Ce jour n’a jamais vraiment été le Jour des Morts pour moi. Déjà, parce que ce n’est pas vraiment une tradition familiale que d’aller pleurer sur les tombes, mais surtout parce que ce jour généralement gris et froid est aussi celui de l’anniversaire de mon père. Aussi loin que je puisse m’en rappeler, cette journée était un dimanche comme les autres où nous atterrissions chez les grands-parents, autour d’un repas toujours trop copieux, préparé avec la générosité et la gourmandise — comme dirait Lignac — typiquement pied-noir de ma grand-mère. Du coup, le 1er novembre, dans ma jeunesse, était plutôt synonyme d’iles flottantes, le dessert préféré du paternel, et de longues discussions sur le « pays » qu’on regrettait encore plus ce jour-là d’avoir quitté — « on a rien quitté du tout ! Ils nous ont mis dehors de chez nous ! »
(Non, je ne lance pas de débats et oui, j’en ai des caisses à vous raconter sur le côté pied-noir de la famille. Mais je le garde pour d’autres billets.)

Mes études chez l’oncle Sam ont donné une toute autre coloration à ce jour. Qui dit 1er novembre chez les étudiants américains dit lendemain de cuite ! Halloween est bien évidemment très fêté, mais ajoutez la composante « étudiants de théâtre », et vous obtenez un mélange explosif, une soirée, que dis-je, une nuit à laquelle on se prépare pendant des semaines ! Quoi, pouvoir se balader dans la rue dans l’accoutrement le plus fou, pouvoir jouer un personnage déjanté, sanglant, effrayant dans le plus grand irrespect des conséquences ? Du pain béni pour nous, les théâtreux ! Ces festives soirées, copieusement arrosées cela va sans dire, finissaient irrémédiablement par un douloureux réveil dans un lieu souvent inconnu, avec un mal de crâne légendaire et une irrépressible envie de gras et de sucré qui nous menait chez Denny’s ou devant des donuts.

Avec mon retour en France, les soirées Halloween ne furent qu’un lointain souvenir et le 1er novembre prît, avec l’entrée dans le monde du travail, une toute autre couleur : celle d’une oasis au milieu d’un automne en déprimante pente vers les fêtes de fin d’année. Enfin, une oasis quand il ne tombe pas un samedi ou un dimanche, ce fameux 1er novembre. Remarquez, il y a aussi le 11 pour respirer. Ouais, en fait, il perdit tout intérêt autre que d’être un jour férié.

Mais aujourd’hui, cette journée devient un nouveau symbole, le point de départ d’un mois qui va sûrement me couvrir de ridicule et qui va me faire ressembler plus que de raison à mon paternel ! Physiquement du moins ; pour le reste, nous divergeons sur bien des sujets…

Movember Day 1De quoi s’agit-il ? Et bien, ce matin, je me suis rasé de près, et ce pour la dernière fois avant le premier décembre. L’objectif ? Arborer fièrement une moustache, peu importe qu’elle soit laide ou pas, à la mode ou pas, ou qu’elle m’aille !

Pourquoi l’annoncer de la sorte et en faire tout un article de blog, me direz-vous ? Parce que cette démarche s’inscrit dans un mouvement international qui se nomme Movember. Après Octobre Rose et ses rubans de la même couleur pour mettre en lumière le problème du cancer du sein chez les femmes, les hommes se mobilisent en novembre pour créer la discussion autour de la santé masculine en général et le cancer de la prostate en particulier.

J’avoue, ce n’est pas trop glamour comme sujet de conversation, et surtout pas un de ceux dont on parle entre mecs.

— Et toi, ta prostate, ça va ?

— Ben ouais, écoute, je sors de mon petit toucher annuel, et elle va bien !

Non vraiment, pas le genre d’échanges que nous pouvons avoir autour d’une bière ! De toute façon, les mecs, il faut l’avouer, nous ne sommes pas trop chaud chaud pour parler de santé. On est plutôt du genre à attendre qu’il soit trop tard pour aller chez le médecin, attendre que le cancer soit installé pour le faire dépister. Ce n’est pas moi qui le dit, ce sont les statistiques.

Du coup, quoi de plus détourné que de se laisser pousser la moustache pour que les potes te trouvent ridicule et te demandent pourquoi tu l’arbores aussi fièrement ?

— C’est marrant que tu me poses la question ! C’est pour Movember…

Et hop, une moustache, une question, et on se retrouve à parler de prostate autour de la machine à café. Certes, ce n’est pas plus glamour, mais au moins, la discussion est lancée !

Donc, vous l’avez compris, je vais me laisser pousser la stachmou pour que les conversations se lancent autour du sujet trop peu évoqué de la santé masculine. J’entraîne avec moi une petite équipe de collègues hommes et femmes qui vont m’aider à prêcher la bonne parole.

Vous pouvez participer aussi, bien évidemment. Vous pouvez rejoindre notre équipe, les bien nommés ikostachus et vous laisser pousser les poils.

Ou bien, vous pouvez nous aider à récolter un maximum de pépettes pour aider la recherche contre le cancer.

Il suffit de cliquer ici et de faire un don.

Allez, soyez gentils, je compte sur vous. En plus, vous aurez le privilège de me voir avec une moustache bien ridicule. Et vous verrez à quel point je ressemble à ce que ressemblait mon père dans les années 80.

Je compte sur vous !