Quelques infos pratiques, totalement biaisées

Alors que nous faisons la route entre Saguenay et Québec où nous allons passer deux jours avant de rentrer en France, alors que nous traversons le sublime parc national des Laurentides, j’ai l’envie de compiler une petite liste d’informations pratiques que je retiens de notre séjour et que je souhaite partager avec vous, qui ne manquerez pas, j’en suis sûr, de venir un jour vous geler les miquettes au Québec :

  • Ce n’est pas la température annoncée qu’il faut prendre en compte, mais la température ressentie. Lorsque le vent souffle joyeusement, on a vite fait de se prendre 12° en moins dans les dents et sans y être préparé, on risque d’y laisser quelques phalanges et des morceaux d’oreille. À l’heure où j’écris ces mots, par exemple, la température est de -26°C pour un ressenti de -42°C. Pour votre gouverne, votre congélateur préféré propose un chaleureux -18°. Je vous laisse imaginer…
  • Pour affronter ce froid, il est fort conseillé de faire l’oignon (non, ce n’est pas sale) c’est à dire, multiplier les couches de vêtements, de gants, de chaussettes. Du coup, compter un bon quart d’heure d’habillage avant de sortir. Il faudra aussi s’habituer à la sensation d’être un croisement entre un éléphanteau et la mascotte d’une marque de pneus.
  • Les gens du cru, au demeurant fort accueillants, sont très surpris de voir des touristes débarquer au moment des grands froids. Et encore plus surpris de les voir s’adonner à des sports de neige alors qu’eux-mêmes préfèrent rester au chaud avec une bonne bière. En gros, ils nous prennent pour des dingues mais ont la gentillesse de nous dire que nous sommes « courageux ». Nous les en remercions.
  • Les amas de neige, en balade, sont souvent trompeurs. Il n’est pas rare de s’enfoncer de quelques centimètres sous un pas et jusqu’au genou le suivant, voire plus profondément, au risque de se retrouver bloqué jusqu’au nombril et d’avoir à attendre le printemps.
  • Les grands froids sont tolérables, si on est bien équipés. Si les gants et les bottes fourrées sont indispensables, ils n’empêchent pas pour autant la sensation de froid aux extrémités dès que l’on cesse d’être en mouvement. Ne pas hésiter, donc à lancer dans une petite macaréna pour faire circuler le sang. Non, le ridicule ne tue pas. On a testé.
  • Lorsque vient le temps de choisir sa voiture de location, certaines options sont à considérer :
    • Demander un véhicule avec télécommande pour démarrage à distance. Ainsi, il vous sera possible d’allumer votre moteur et le chauffage depuis le restaurant et obtenir une douce chaleur dans le char avant d’y déposer gracieusement votre séant.
    • Ne pas lésiner sur les fauteuils chauffants, pour se garantir des petites fesses bien mijotées.
    • Enfin, ne pas lésiner également sur la taille du véhicule. L’autochtone conduisant généralement un pickup de la taille d’un Panzer, une Smart risque de vous faire passer pour un playmobil.
  • Toujours au sujet des véhicules, ne soyez pas surpris de voir vos vitres se couvrir de givre à l’intérieur. Même avec un bon chauffage, la condensation gèle systématiquement et rien n’y fait, même en grattant. À moins d’être un roi de l’apnée, il faudra vous y faire.
  • Le soleil se couche particulièrement tôt. Avec lui, en semaine, les commerces sont rarement ouverts après 17h. Sauf les supermarchés (voire plus bas). Préparer un Scrabble et du tricot pour les longues soirées à digérer la Poutine (plat léger à base de frites baignant dans une sauce brune et couvertes des fameuse crottes de fromage plastique).
  • Les repas sont nommés différemment : on déjeune le matin, on dine le midi et on soupe le soir. Bizarrement, la Poutine est un plat disponible à chacun de ces repas.
  • Le souper se prend d’ailleurs assez tôt, à partir de 17 heures.
  • Les supermarchés restent un véritable mystère quant à l’implantation de leurs rayons. Même après trois visites dans le même magasin, nous galèrons toujours pour trouver des produits simples comme du sucre. Ne pas être surpris de trouver les bananes à côté des cotons-tiges. C’est un monde à part, je vous dis. Avec ses propres règles.
  • Pour un français pure souche, certains produits dits de « première nécessité » vont poser quelques soucis :
    • Il faut faire une croix sur la baguette, vous ne trouverez que du pain de mie répondant au doux nom de « pain ménager » ou « pain de fesse ».
    • Ne pas s’attendre à trouver du camembert au lait cru ou quoi que ce soit qui crognotte un tantinet. Le fromage ici se limite à un produit cuit ressemblant à s’y méprendre à du plastique, oscillant entre un blanc « coquille d’œuf » et un orange fluo. Il sera vendu en bloc, en crottes, en grains, en filaments, ou encore en tube façon « Coraya » mais gardera inlassablement une qualité caoutchouteuse sous la dent et un vague goût de… rien.
    • Le lait ressemble plus à de l’eau colorée qu’à un produit issu d’un animal de race bovine et se vend bizarrement en poches plastiques. Ne demandez pas, d’ailleurs à mettre du lait dans votre café, malheureux ! Ici, on y met de la crème. Cherchez pas à comprendre
    • Faire son deuil également du vrai beurre façon normande ou demi-sel, et des yaourts dont la consistance est vraiment étrange, pâteuse.
    • Petite précision importante : les produits laitiers sont globalement hors de prix.
  • Si la monnaie est le dollar canadien, on compte en « pièces » et en « sous ». Les prix sont affichés hors taxes, et les serveurs des bars et restaurants nécessitent un pourboire d’environ 15 à 20%. Réviser le calcul mental avant le départ du Vieux Continent semble une bonne idée.
  • Enfin, pour finir, « Bonjour » veut dire « Au revoir », « Bienvenue » signifie « De rien » et si vous êtes à plusieurs, vous serez une « Gang ».
Alors, bonjour la gang ! Et à tantôt dans le fjord !