Renouer avec la « Windy City »

Certains d’entre vous ont trouvé que mon dernier article ne donnait pas vraiment envie d’aller se poser à New York, ou tout du moins, pas pour très longtemps. Loin de moi l’idée de vous rebuter de cette ville extraordinaire ! Comme d’autres grandes capitales, je pense qu’il faut avoir les moyens pour y vivre de grands moment, comme à Paris d’ailleurs. Les vues imprenables, les rooftops et les restaurants de New York se méritent. Je garde cependant un excellent souvenir de notre séjour, de notre soirée fabuleuse à Broadway, des rencontres et des balades. Je reviendrai avec Cyril, c’est sûr, mais pour des séjours courts, car cette énergie débordante, ce bruit, pourrait nous user — que voulez-vous, nous vieillissons, ma brave dame !

Fondu enchaîné sur une autre ville, à deux heures et demie d’avion — un saut de puce pour les américains qui embarquent dans un 747 comme on prendrait le RER. Au bord du Lac Michigan, cette mer intérieure aux eaux étrangement transparentes, voici Chicago, Illinois.

Ce n’est pas une des villes que les français citeraient dans la liste de leurs envies de vacances nord-américaines ; je l’imagine même loin derrière New York, Miami, Los Angeles et Las Vegas. Les rares fois où j’ai eu l’occasion d’évoquer Chicago avec mes amis français, les quatre mots qui revenaient le plus souvent étaient Al Capone (pour les plus vieux) et Michael Jordan (pour les fans de basket). Et pourtant, elle n’a rien à envier à ses sœurs des côtes est et ouest. Que ce soit au niveau business, culturel ou artistique, elle joue d’ailleurs dans la cour des grandes capitales.

Je ne pourrais pas être objectif au sujet de Chicago. De toute façon, rien de m’y oblige, hein ! C’est mon blog après tout, je fais ce que je veux. Pour avoir passé plusieurs années dans la région, je la connais non seulement bien, je l’apprécie, mais surtout je m’y sens bien. Il était donc tout naturel que je fasse découvrir cette ville (et le Michigan, que nous visiterons dans les jours à venir) à Cyril. Restait à savoir s’il y serait sensible.

J’avais choisi de nous réserver un appartement dans le quartier du Wrigley Stadium, le stade où s’entraîne l’équipe locale fort renommée de baseball, les Cubs, un quartier accessoirement surnommé Boys Town, je vous laisse deviner pourquoi. Dès que nous sommes parcouru les rues de notre quartier, j’ai compris que Cyril s’y sentait bien. Avec ses larges rues bordées d’arbres, ses maisons charmantes et la proximité du lac, il se dégage une atmosphère de bien-être et de tranquillité. Même si la ville s’étend sur des kilomètres comme New York, ici, on n’en sent pas la pression et la vie semble douce.

Notre balade du matin de le centre-ville, à l’heure où les gens s’en vont travailler, nous a conforter dans notre ressenti : pas de stress, voire même de la bienveillance à l’égard de tout un chacun.

Au-delà d’un simple ressenti qui nous est bien évidemment personnel, Chicago a de quoi ravir les férus d’architecture avec ses tout premiers gratte-ciels au monde (qui ont donné leur nom à un mouvement “L’école de Chicago”), ornés de motifs travaillés ou d’horloges en fer forgé, entre lesquels se faufilent les lignes du métro surélevé, le “L”, et la rivière Chicago — que je vous propose de découvrir dans la petite vidéo qui suit.

Fervente défenderesse de l’art contemporain, la ville accueille en extérieur bon nombre de pièces en petits ou grands formats, accessibles à tous et gratuitement, certains monumentales comme la Cloud Gate, d’autres mêlant art et vidéo, comme la Crown Fountain.

La présence de la rivière et du Lac et les nombreux parcs qui en bordent le front apportent respiration et ouverture. Une longue promenade jusqu’à la petite péninsule de Museum Campus nous a offert une vue imprenable sur ce que certains appellent la « plus belle skyline des USA », que je vous présente maintenant :

 

Je me faisais la remarque cet après-midi : je trouve mon pas plus léger, ma posture différente, comme si je me tenais plus droit, les épaules plus larges. Cette sensation d’être à la bonne place qui fait qu’on a pas besoin de réfléchir à tout, tout coule de source, tout est naturel. Je le sens aussi dans ma voix, mes intonations : je retrouve mon accent un peu nasillard, les automatismes reviennent, les “Hey, how’re you doing today?” ressortent naturellement.

La ville me fait du bien, je redeviens celui que j’aimais être..