Un bon coup derrière les oreilles

Vous l’avez tous pensé très fort, j’en suis sûr, en lisant le dernier article de mon blog de voyages…

– Ils vont morfler, en rentrant, les pauvres.

– La reprise, ils vont se la prendre en pleine poire, tu vas voir.

– Une bonne petite déprime des familles, pile poil pour le début de l’automne, avec de bonnes averses pour couronner le tout !

– De toute façon, ils l’auront bien mérité, hein, à polluer notre fil d’actualités avec leurs photos, à étaler leur bonheur avec des vidéos en direct.

– Ouais, tiens, bien fait pour eux. Qu’ils se prennent un petit Lexomil, qu’ils se fassent une petite cure de Magnésium comme tout le monde !

Je dois probablement projeter mon sarcasme sur vous. C’est vrai, vous n’êtes probablement pas aussi caustiques que ça, si ? Même si vous ne le vous êtes pas formulé de la sorte, le sentiment n’en demeure pas le même, et ô combien j’aurais fait de même eus-je été à votre place.

Tiens, d’ailleurs, le simple fait de voir mon fils de cinéma publier sur Facebook qu’il prenait l’avion pour Montréal que j’ai moi-même senti une vague de jalousie qui ne fit que décupler quand le petit enfoiré eut l’audace de poster une photo de son petit-déjeuner oeufs-bacon-pancakes !

Donc, histoire de remettre les choses au clair, oui, le retour à la “vraie” vie fut quelque peu compliqué. Non pas du fait du décalage horaire, non, mais du décalage psychologique. J’avais beau être physiquement là, dans les bureaux de l’entreprise qui m’emploie, à écouter s’égrainer la liste des événements que j’avais raté, ma tête se baladait quelque part au bord du Pacifique. Heureusement, m’étais-je dit en planifiant nos vacances, reprendre le boulot un jeudi a un avantage majeur : c’est un jeudi, donc, deux jours à tenir avant le week-end.

Sauf que la réalité n’attend pas patiemment que tu veuilles bien ramener ta tête des Etats-Unis ; la réalité t’attend avec une bonne batte de baseball à l’entrée de ton bureau, prête à te remettre d’un bon coup derrière les oreilles les idées bien en phase. Pas d’atterrissage en douceur, mon brave ami, que nenni ! Du crash bien violent avec glissade sur les graviers du réel.

Remarquez, pour être honnête, je n’ai jamais été fan des transitions en paliers de décompression. Je suis plutôt partisan du mode “sparadrap qu’on arrache d’un coup sec”. Quick and painless, comme disent les ricains. Quick, c’est certain, indolore, c’est moins sûr.

Me voici donc de retour en prise directe avec la réalité de notre vie lilloise. Je n’ai rien contre, qu’on soit bien d’accord et j’ai bien conscience que les moments vécus ces trois dernières semaines, aussi fantastiques furent-ils, ne sont que des moments volés, ou plutôt à part, enfants d’une parenthèse qu’on ne vit que peu de fois dans une vie.

Hum.

Et pourquoi devraient-ils le rester ? Pourquoi devraient-ils demeurer une exception ? Après tout, ces moments se définissent assez aisément : ils ne sont qu’un savant mélange d’amitiés, de découvertes, des regards et de discussions teintés de cet enthousiasme et de ce positivisme qui caractérisent les Anglo-Saxons.

Mais si j’y regarde de plus près, les amitiés, les discussions, les regards, les moments partagés, je les ai bien évidemment ici. Pour ce qui est du positivisme et de l’enthousiasme… Mouais, cela risque d’être un peu plus compliqué, mais c’est tout de même de l’ordre du possible. Surtout si c’est une décision consciente, réfléchie, assumée.

Alors, cette rentrée, et si on l’accueillait à bras ouverts ? Si c’était l’occasion de retrouvailles et de nouvelles rencontres, de nouveaux départs, aussi ?

Tenez, par exemple, pour ce qui est des retrouvailles, je vais continuer mon investissement cette année dans une petite salle de spectacle lilloise — j’aurai l’occasion de vous en parler plus en détails.

Pour ce qui est des nouveaux départs, j’en ai déjà deux à vous annoncer !

Le premier est ma participation à une nouvelle émission de radio hebdomadaire intitulée “Madame ou Madame”, consacrée aux droits des femmes et la place de celles-ci dans divers domaines : santé, peinture, musique, théâtre, société, entreprises, milieu associatif, sport, etc. Une émission moderne et joyeuse, teintée de musiques de tous horizons que vous pourrez retrouver sur Radio Campus Lille tous les lundis de 17h à 18h et en podcast (si vous avez deux minutes, allez jeter un œil et “liker” la page Facebook!). C’est une belle aventure qui commence avec mes petits camarades Catherine, Cathy et Romain qui va nous amener à faire des rencontres forcément riches.

Le second, et bien, ce billet en est l’expression. En effet, je me suis rendu compte que de ne plus vous parler me manquait — et puis, je l’avoue, j’ai reçu quelques messages dans ce sens. Même si je ne vous ferai plus rêver avec des images du Pacifique, de New York ou de lac au soleil couchant, j’ai décidé tout de même de poursuivre l’écriture régulière d’articles, avec un objectif simple : vous raconter des histoires, vous faire rencontrer des gens, vous divertir, si possible, et toujours avec positivisme et enthousiasme !

Du coup, stay tuned, comme ils disent !